Désert du Namib

AFRIQUE - Namibie

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Jean-Marc Tourreilles | 15 janvier 2011 |  

Le désert du Namib est un désert côtier chaud, situé dans le sud-ouest de la Namibie. Il est considéré comme le plus vieux désert du monde, car soumis à des condi­tions arides ou semi-arides depuis au moins 55 millions d’années.

Les condi­tions déser­tiques qui y règnent sont la consé­quence du courant marin froid de Benguela d’origine antarc­tique, qui refroidit les masses d’air océanique au large des côtes du Namibie. Lorsque ces masses d’air par­viennent au-dessus des terres conti­nen­tales plus chaudes, elles se réchauffent et se dilatent, ce qui les empêche de libérer l’humidité qu’elles contiennent sous forme de pluie. Des brouillards matinaux sont néanmoins fréquents, et apportent un peu d’humidité dans le désert jusqu’à 50 km des côtes.

Géographie

Le désert occupe une super­fi­cie d’environ 80 900 km2. Il s’étend sur plus de 1500 km le long d’une bande côtière nord-sud large de 80 à 160 km qui longe l’océan Atlantique. À l’est, une zone de tran­si­tion semi-aride est bordée par un plateau mon­ta­gneux. Au sud, le désert du Namib se fond pro­gres­si­ve­ment avec le désert du Kalahari. La super­fi­cie exacte varie suivant que l’on considère uni­que­ment le parc national du Namib–Naukluft ou si l’on y inclut aussi le Skeleton Coast National Park au nord (jusqu’au fleuve Carunjamba en Angola) et la zone interdite (Sperrgebiet) au sud jusqu’à l’embouchure du fleuve Orange ou même du fleuve Olifants en Afrique du Sud.

Le désert est traversé par plusieurs cours d’eau éphémères qui sont pra­ti­que­ment toujours à sec. Dans la partie au sud du fleuve Kuiseb se trouve une immense zone de dunes mobiles qui s’étend sur 300 km vers le sud. Certaines de ces dunes – telles celles de Sossusvlei – atteignent 300 m de haut et figurent parmi les plus hautes dunes du monde. Au nord du Kuiseb, les dunes font place à une plaine de gravier parsemée de rochers.

Les pluies sont rares et irré­gu­lières. Le courant de Benguela venant de l’Antarctique maintient un climat frais toute l’année dans la zone côtière. Il est aussi res­pon­sable de brouillards fréquents qui apportent un peu d’humidité dans le désert jusqu’à 50 km de la côte. Au-delà, les varia­tions ther­miques sont plus marquées.

Faune et flore

À cause de l’absence d’eaux de surface per­ma­nentes, l’humidité apportée par les brouillards marins joue un rôle vital pour les orga­nismes vivant dans ce désert.

Welwitschia mirabilis

Welwitschia mirabilis

L’espèce végétale la plus remar­quable est la Welwitschia mirabilis qui est endémique au désert du Namib et au Kaokoland voisin. Cette plante rare ne possède que deux très longues feuilles et peut vivre jusqu’à 2 500 ans. D’autres espèces typiques sont le nara (Acanthosicyos horridus) , un melon rond épineux, le dollar-bush (Zygophyllum stapfii), un arbuste qui doit son nom à ses feuilles rondes de la taille d’une pièce d’un dollar et l’arbre-carquois ou kokerboom (Aloe dichotoma). De nombreux lichens colorés pro­li­fèrent également dans les plaines côtières au nord de Swakopmund.

D’une manière générale, la végé­ta­tion est extrê­me­ment rare dans le milieu dunaire du Namib méri­dio­nal. La végé­ta­tion est plus étendue dans les zones moins arides au nord et à l’est, avec dif­fé­rentes variétés de buissons nains et même d’arbres (acacias).

De nombreux reptiles (lézards, geckos) et petits rongeurs (gerbilles, taupes…), dont certains endé­miques, y vivent. Les grands mam­mi­fères sont rares, les seules espèces adaptées à cet envi­ron­ne­ment très rude étant l’Oryx gazelle ou gemsbok et dans une moindre mesure le springbok (Antidorcas mar­su­pia­lis). Il existe une petite com­mu­nauté d’environ 50 familles de chevaux sauvages qui vivent dans un secteur de 40 000 hectares du désert et qui survivent depuis une centaine d’années grâce à un puits d’eau installé pour ravi­tailler les trains durant l’époque de la colonie. Parmi les pré­da­teurs, on trouve les hyènes tachetées (Crocuta crocuta) et hyènes brunes (Hyaena brunnea), des lions ainsi que des renards. La faune aviaire est assez limitée et se concentre dans la bande côtière.

Le courant froid de Benguela riche en plancton entraîne la présence de nom­breuses espèces de poissons (anchois, sardines). La colonie d’otaries à fourrure (Arctocephalus pusillus) de Cape Cross compte près de 100 000 individus ; c’est l’une des plus impor­tantes d’Afrique australe.

Population

Le désert est quasiment inhabité, à part quelques com­mu­nau­tés et villes côtières isolées telles que Swakopmund, Walvis Bay et Lüderitz.

A voir

Sossusvlei (Sesriem)

C’est la partie la plus acces­sible de la mer de sable. Une route de 65 km dans le Parc national du Namib–Naukluft permet d’accéder à partir de Sesriem aux magni­fiques dunes orange de Sossusvlei. Au pied des dunes se trouvent les vlei, des étendues plates rarement remplies d’eau. La plus célèbre est Dead Vlei avec ses arbres morts en contrebas de l’immense dune Big Daddy. À Sesriem, un canyon profond de 40 m et long de 3 km a été sculpté autrefois par la rivière Tsauchab.

Côte des squelettes

La côte du Kaokoland et par extension toute la côte nami­bienne porte le nom de côte des sque­lettes, évocateur du sort des infor­tu­nés naufragés, suite à la com­bi­nai­son d’un fort courant marin, de brouillards fréquents et d’une côte déser­tique inhos­pi­ta­lière. La côte est parsemée d’os de baleines et d’épaves de navires échoués et par­tiel­le­ment recou­verts par le sable.

La côte des sque­lettes (allemand : Skelettküste) est la partie nord de la côte Atlantique de la Namibie et du sud de l’Angola, bien que le nom est parfois utilisé pour décrire l’ensemble de la côte du désert de Namib.

Cette côte est ori­gi­nel­le­ment nommée ainsi pour les carcasses de baleines laissées par les chasseurs qui jon­chaient les plages mais désormais par les épaves de navires échoués et par­tiel­le­ment recou­verts par le sable.

La zone est notamment protégée par le parc national de la côte des squelettes.

Cape Cross

Otaries à fourrure

Otaries à fourrure

Le navi­ga­teur portugais Diogo Cão fit ériger à cet endroit une croix de pierre (padrao) en 1486 pour marquer le point le plus au sud jamais atteint par des Européens en Afrique à cette date. Aujourd’hui, Cape Cross abrite une très impor­tante colonie d’otaries à fourrure (Arctocephalus pusillus).

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