Le Sahara

AFRIQUE - Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Soudan

Home / Posts tagged 'Tchad'
Jean-Marc Tourreilles | 26 février 2011 |  

Your Image TitleConsidéré comme le plus vaste désert chaud du monde, il divise le continent du nord au sud. Il couvre d’immenses étendues de ter­ri­toires et s’étend sur dix pays : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le ter­ri­toire contesté du Sahara occi­den­tal. Certaines dunes fossiles du Tchad ont été datées de 7 millions d’années.

Le Sahara est le plus vaste et le seul vrai désert au sens géo­gra­phique du terme car il comporte des régions hyper­arides (moins de 50 mm de pré­ci­pi­ta­tions annuelles mais avec une extrême irré­gu­la­rité inter­an­nuelle), arides (moins de 150 mm de pré­ci­pi­ta­tions annuelles et une végé­ta­tion concen­trée dans les oueds), semi-arides et sub-humides sèches. La diagonale sèche dont il fait partie comprend le Sahara, l’Arabie, le Thar (Inde) et se poursuit par les déserts de latitude tempérée d’Asie centrale (Touranie) et chinois.

Cette aridité s’explique par la privation des deux sources prin­ci­pales de pré­ci­pi­ta­tions : le front polaire et les courants équa­to­riaux d’ouest1 et elle conduit à des épisodes de séche­resse par­ti­cu­liè­re­ment impor­tants en intensité et durée.

Climats

  • La frange Nord du Sahara est soumise à un régime de pluies hiver­nales dans lequel les per­tur­ba­tions médi­ter­ra­néennes par­viennent atténuées.
  • La frange Sud est soumise à un régime de pluies d’été irrégulières.
  • Entre les deux, le Sahara central est soumis à un régime extrê­me­ment aride marqué par l’établissement de l’alizé conti­nen­tal ou Harmattan. Seuls les sommets élevés du Hoggar et du Tibesti sont plus arrosés.
  • Enfin la zone côtière atlan­tique baignée par le courant froid des Canaries est soumise aux brises de mer et à quelques phé­no­mènes de brouillards.

Les milieux naturels

Le Sahara a 20 % de surfaces sableuses et 80 % de surfaces rocheuses où dominent des roches sédi­men­taires1.

Les milieux secs : dunaires, caillou­teux et montagneux

Les ergs

Les ergs sont les grands massifs de dunes, ils occupent environ 20 % de la surface du Sahara. Ils évoluent en fonction des vents dominants. Le Grand Erg Occidental en Algérie et le Grand Erg Oriental en Algérie et en Tunisie comptent parmi les plus importants.

Les regs

Les regs sont des étendues plates, caillou­teuses et consti­tuent le paysage le plus fréquent du Sahara. Les grands regs sont par­ti­cu­liè­re­ment inhos­pi­ta­liers. On peut citer le reg du Tanezrouft qui veut dire « pays de la soif » (Algérie), le serir libyen ou le reg du Ténéré qui occupent chacun des centaines de milliers de km². Ils peuvent occuper aussi le sommet des plateaux.

Les hamadas

Les hamadas sont les plateaux rocheux tabu­laires limités par des falaises. Ils sont d’origine sédi­men­taire, le plus souvent calcaire. Lorsqu’ils sont recou­verts de grès, ils sont nommés tassilis (par exemple : Tassili des Ajjer en Algérie). En général la surface montre de la roche nue, lissée par l’érosion éolienne.

Les djebels

Empilement de roches érodées dans le massif de l’Adrar des Ifoghas au Mali

Le terme « djebel » désigne tous les autres reliefs que ce soit des collines ou des massifs mon­ta­gneux plus importants.

Les plus impor­tants massifs sont :

  • Le Tibesti (région du Borkou-Ennedi-Tibesti) formé d’un massif vol­ca­nique émergeant d’une épaisse nappe sédi­men­taire reposant sur le socle cris­tal­lin. Il culmine à 3 415 m (Emi Koussi).
  • Le Hoggar est un autre imposant massif vol­ca­nique. Il culmine à 2918 m.
  • L’Aïr est moins élevé les sommets sont plus tabu­laires mais culminent tout de même à 2 022 m.
  • L’Adrar des Ifhoras au sud du Hoggar en est un pro­lon­ge­ment cris­tal­lin et méta­mor­phique qui culmine à 890 m.
  • L’Ennedi (région du Borkou-Ennedi-Tibesti) est un massif gréseux au sud-est du Tibesti et atteint 1 282 m.

Les milieux humides

Les milieux humides déser­tiques concentrent l’essentiel de la bio­di­ver­sité en raison de la présence tem­po­raire ou surtout pérenne de l’eau et également, de la vie humaine. Le taux d’endémisme y est par­ti­cu­liè­re­ment élevé.

Les sebkhas

À la dif­fé­rence des pré­cé­dentes, les sebkhas forment des marais salants tem­po­raires. L’eau peut provenir du ruis­sel­le­ment ou de sources tem­po­raires. La plus grande, le Chott el-Jérid en Tunisie, couvre 5 000 km². Certaines sont exploi­tées sous forme de salines depuis le XVIe comme à Taoudeni au Mali.

Les gueltas

Une guelta, près d’Oubankort dans l’Adrar des Ifoghas au Mali

Guelta est un terme d’origine arabe qui désigne des plans d’eau tem­po­raires ou pérenne, sans écoulement apparent : des mares dans les lits des oueds ou des « citernes natu­relles » dans la roche en place. On les rencontre dans les situa­tions protégées d’une trop grande expo­si­tion au soleil dans les massifs mon­ta­gneux comme l’Ennedi et l’Adrar des Ifoghas au Mali.

Les dayas

Les dayas (pluriel dayate ou daia (daiate), dhaia) sont des dépres­sions fermées d’extension limitée (quelques mètres à 1 km de diamètre), au fond en général argileux ou argilo-sableux dans les­quelles l’eau de ruis­sel­le­ment peut s’accumuler. Une alter­nance d’inondation et d’exondation associée à une érosion éolienne participe à leur formation : parfois d’origine karstique (dolines) sur certains plateaux par exemple, issues de la déflation éolienne ou mixtes. Elles consti­tuent des zones de végé­ta­tion pérennes. On les rencontre surtout au Nord du Sahara. Ces dépres­sions à fond culti­vable servent l’autoconsommation familial.

Ces trois termes d’origine arabe sont en usage en géo­mor­pho­lo­gie dynamique.

Les oasis

Timimoun (Algérie), l’oasis

Les oasis saha­riennes, milieu naturel et aménagé, n’occupent qu’un millième de la surface du Sahara. Elles sont situées parfois sur le lit des oueds venant se perdre dans le désert ou au pied de massifs pro­dui­sant des sources ou encore direc­te­ment au-dessus de nappes phréa­tiques affleu­rantes ou peu profondes.

Les oueds

Les oueds sont des cours d’eau à écoulement apparent tem­po­raire (voir aréisme et endo­réisme) indis­so­ciable du phénomène de crue (les deux mots en arabe sont liés). La majorité du temps, ils sont à sec, en pro­fon­deur des poches d’eau durables peuvent persister, des gueltas, peuvent être ali­men­tées par une résurgence.

Ce sont les crues qui ali­mentent ce réseau hydro­gra­phique tem­po­raire, leur origine est essen­tiel­le­ment dans les massifs mon­ta­gneux et la violence du débit a des consé­quences mor­pho­lo­giques fortes sur le lit des oueds.

La partie amont naît du ras­sem­ble­ment de chenaux de ruis­sel­le­ment, la partie médiane forme un lit large et dont les limites sont parfois dif­fi­ciles à recon­naître en plaine et la partie aval peut se diviser en plusieurs bras sur un cône étendu d’alluvions. C’est le long des oueds qu’on observe les seules for­ma­tions arborées un peu denses dans le Sahara.

LoneCamp, le site des voyageurs de l'extrême. Photos, Conseils, Récits, Organisations, Boutique.