Considéré comme le plus vaste désert chaud du monde, il divise le continent du nord au sud. Il couvre d’immenses étendues de territoires et s’étend sur dix pays : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le territoire contesté du Sahara occidental. Certaines dunes fossiles du Tchad ont été datées de 7 millions d’années.
Le Sahara est le plus vaste et le seul vrai désert au sens géographique du terme car il comporte des régions hyperarides (moins de 50 mm de précipitations annuelles mais avec une extrême irrégularité interannuelle), arides (moins de 150 mm de précipitations annuelles et une végétation concentrée dans les oueds), semi-arides et sub-humides sèches. La diagonale sèche dont il fait partie comprend le Sahara, l’Arabie, le Thar (Inde) et se poursuit par les déserts de latitude tempérée d’Asie centrale (Touranie) et chinois.
Cette aridité s’explique par la privation des deux sources principales de précipitations : le front polaire et les courants équatoriaux d’ouest1 et elle conduit à des épisodes de sécheresse particulièrement importants en intensité et durée.
Climats
- La frange Nord du Sahara est soumise à un régime de pluies hivernales dans lequel les perturbations méditerranéennes parviennent atténuées.
- La frange Sud est soumise à un régime de pluies d’été irrégulières.
- Entre les deux, le Sahara central est soumis à un régime extrêmement aride marqué par l’établissement de l’alizé continental ou Harmattan. Seuls les sommets élevés du Hoggar et du Tibesti sont plus arrosés.
- Enfin la zone côtière atlantique baignée par le courant froid des Canaries est soumise aux brises de mer et à quelques phénomènes de brouillards.
Les milieux naturels
Le Sahara a 20 % de surfaces sableuses et 80 % de surfaces rocheuses où dominent des roches sédimentaires1.
Les milieux secs : dunaires, caillouteux et montagneux
Les ergs
Les ergs sont les grands massifs de dunes, ils occupent environ 20 % de la surface du Sahara. Ils évoluent en fonction des vents dominants. Le Grand Erg Occidental en Algérie et le Grand Erg Oriental en Algérie et en Tunisie comptent parmi les plus importants.
Les regs
Les regs sont des étendues plates, caillouteuses et constituent le paysage le plus fréquent du Sahara. Les grands regs sont particulièrement inhospitaliers. On peut citer le reg du Tanezrouft qui veut dire « pays de la soif » (Algérie), le serir libyen ou le reg du Ténéré qui occupent chacun des centaines de milliers de km². Ils peuvent occuper aussi le sommet des plateaux.
Les hamadas
Les hamadas sont les plateaux rocheux tabulaires limités par des falaises. Ils sont d’origine sédimentaire, le plus souvent calcaire. Lorsqu’ils sont recouverts de grès, ils sont nommés tassilis (par exemple : Tassili des Ajjer en Algérie). En général la surface montre de la roche nue, lissée par l’érosion éolienne.
Les djebels
Empilement de roches érodées dans le massif de l’Adrar des Ifoghas au Mali
Le terme « djebel » désigne tous les autres reliefs que ce soit des collines ou des massifs montagneux plus importants.
Les plus importants massifs sont :
- Le Tibesti (région du Borkou-Ennedi-Tibesti) formé d’un massif volcanique émergeant d’une épaisse nappe sédimentaire reposant sur le socle cristallin. Il culmine à 3 415 m (Emi Koussi).
- Le Hoggar est un autre imposant massif volcanique. Il culmine à 2918 m.
- L’Aïr est moins élevé les sommets sont plus tabulaires mais culminent tout de même à 2 022 m.
- L’Adrar des Ifhoras au sud du Hoggar en est un prolongement cristallin et métamorphique qui culmine à 890 m.
- L’Ennedi (région du Borkou-Ennedi-Tibesti) est un massif gréseux au sud-est du Tibesti et atteint 1 282 m.
Les milieux humides
Les milieux humides désertiques concentrent l’essentiel de la biodiversité en raison de la présence temporaire ou surtout pérenne de l’eau et également, de la vie humaine. Le taux d’endémisme y est particulièrement élevé.
Les sebkhas
À la différence des précédentes, les sebkhas forment des marais salants temporaires. L’eau peut provenir du ruissellement ou de sources temporaires. La plus grande, le Chott el-Jérid en Tunisie, couvre 5 000 km². Certaines sont exploitées sous forme de salines depuis le XVIe comme à Taoudeni au Mali.
Les gueltas
Une guelta, près d’Oubankort dans l’Adrar des Ifoghas au Mali
Guelta est un terme d’origine arabe qui désigne des plans d’eau temporaires ou pérenne, sans écoulement apparent : des mares dans les lits des oueds ou des « citernes naturelles » dans la roche en place. On les rencontre dans les situations protégées d’une trop grande exposition au soleil dans les massifs montagneux comme l’Ennedi et l’Adrar des Ifoghas au Mali.
Les dayas
Les dayas (pluriel dayate ou daia (daiate), dhaia) sont des dépressions fermées d’extension limitée (quelques mètres à 1 km de diamètre), au fond en général argileux ou argilo-sableux dans lesquelles l’eau de ruissellement peut s’accumuler. Une alternance d’inondation et d’exondation associée à une érosion éolienne participe à leur formation : parfois d’origine karstique (dolines) sur certains plateaux par exemple, issues de la déflation éolienne ou mixtes. Elles constituent des zones de végétation pérennes. On les rencontre surtout au Nord du Sahara. Ces dépressions à fond cultivable servent l’autoconsommation familial.
Ces trois termes d’origine arabe sont en usage en géomorphologie dynamique.
Les oasis
Les oasis sahariennes, milieu naturel et aménagé, n’occupent qu’un millième de la surface du Sahara. Elles sont situées parfois sur le lit des oueds venant se perdre dans le désert ou au pied de massifs produisant des sources ou encore directement au-dessus de nappes phréatiques affleurantes ou peu profondes.
Les oueds
Les oueds sont des cours d’eau à écoulement apparent temporaire (voir aréisme et endoréisme) indissociable du phénomène de crue (les deux mots en arabe sont liés). La majorité du temps, ils sont à sec, en profondeur des poches d’eau durables peuvent persister, des gueltas, peuvent être alimentées par une résurgence.
Ce sont les crues qui alimentent ce réseau hydrographique temporaire, leur origine est essentiellement dans les massifs montagneux et la violence du débit a des conséquences morphologiques fortes sur le lit des oueds.
La partie amont naît du rassemblement de chenaux de ruissellement, la partie médiane forme un lit large et dont les limites sont parfois difficiles à reconnaître en plaine et la partie aval peut se diviser en plusieurs bras sur un cône étendu d’alluvions. C’est le long des oueds qu’on observe les seules formations arborées un peu denses dans le Sahara.

